Cliqueee.
Pour dire que j'ai cru que ça allait etre une belle soirée. Un type avec une énorme tache de naissance sur la figure a essayé d'engager la conversation, mais je lui ai fait clairement comprendre qu'on ne jouait pas dans la meme catégorie. Il m'a traitée de sale becheuse et s'en est retourné déblatérer sur Smallville. Haha. Comme si je pouvais m'intéresser à cette andouille avec sa tache de vin. Je suis retournée me meler à la fete avec le bruit sourd de la techno dans les oreilles, surprenant ici et là des gens occupés à se peloter ou à se rouler des joints en se donnant des airs de "rebelles". Pathétique.
J'étais à deux doigts de crever d'ennui. Une fille sanglotait dans l'escalier après s'etre disputée avec son copain; un couple était bien occupé sur le canapé pendant qu'un petit groupe de binoclards les observaient en bavant d'envie; une queue se formait dans le couloir, devant la porte des toilettes, tandis que quelqu'un vomissait dans le lavabo de la salle de bains. Bref, une fete pareille à toutes les autre fetes où j'avais trainé. Il fallait vraiment que je songe à me trouver des soirées plus classe.
Une barrière de sécurité pour enfants interdisait l'accès à l'étage: je l'ai enjambée et me suis faufilée dans le couloir. La plupart des portes étaient verouillées mais en poussant la dernière, je me suis retrouvée dans une espèce de débarras remplis de cartons qui puait le renfermé; j'ai ouvert la fenetre pour respirer à pleins poumons l'air froid de la nuit puis, installée sur le rebord avec les jambes dans le vide, en me demandant comment j'avais pu penser que cette soirée bousculerait le train-train de ma belle vie. En essayant de compter les étoiles (je suis arrivée à 453), j'ai entendu la porte claquer derrière moi. J'ignore comment je n'ai pas atteri dans le jardin, la colonne vertébrale en miettes. Je me suis retournée pour scruter l'obscurité. "Désolé. Je ne voulais pas te faire peur", a dit quelqu'un d'une voix éméchée. Putain, à cause de lui j'ai failli me tuer. Il commença à me questionner des question débiles, et je lui ai dit que soit il la ferme, ou soit il s'en va. Il ma dit que je suis mal élevée, et moi je lui ai dit de me foutre la paix, vu que je me suis isolée pour une raison, surement pas pour qu'un type "x" vient me souler. Il arretait pas de me gonfler, surtout, il ne devait pas se sentir obligé de rester. Il a commençé à me draguer et je lui ai dit d'arreter son baratin, espèce de nullos, je ne suis absolument pas cliente. Enfin il avait compris qu'il n'étais pas à mon niveau, donc il s'en est allé. Mes amis, je les avais perdus quelque part dans la foule de la fete, donc j'ai pris mes affaires et je suis partie. Rien à foutre. Entre la musique de merde, la foule, l'ennuie et le mec dragueur qui se croyait je-ne-sais-pas-qui, j'aurais pu mieux passer la soirée à la maison devant la télé en bouffant des chips. Franchement.



